Nous avons eu la chance d’avoir déjà pu faire (et ce n’est pas le dernier, j’espère!) deux voyages au Japon. Et, à chaque fois au mois de mai. Si la première fois ce fut un peu par hasard par rapport aux congés, la deuxième fois nous avons fait exprès de partir en mai.
Quand on prépare un voyage au Japon pour la première fois, la question du « quand partir » revient systématiquement. Les réponses les plus fréquentes pointent vers le printemps pour les cerisiers (mars-avril) ou l’automne pour les feuillages (novembre). Mai est souvent sous-estimé, et c’est précisément pour ça qu’on l’a choisi pour notre retour au Japon. Moins de monde que pendant la floraison des sakura, une météo parfaite, et un pays qui reprend son souffle après le rush du printemps.
Dans ce guide, on vous explique pourquoi on considère mai comme le meilleur mois pour visiter le Japon. Mais aussi comment éviter les deux pièges qui peuvent gâcher ce timing parfait : la Golden Week japonaise et la Golden Week chinoise. Oui, il y en a deux, et beaucoup de voyageurs ne le savent pas avant d’arriver.
Pourquoi mai est le meilleur mois pour visiter le Japon
Pourquoi mai est le meilleur mois pour visiter le Japon
Mai, c’est la fin du printemps au Japon. Les températures sont douces entre 18 et 25°C selon les régions, sans la chaleur écrasante de l’été. Elle commence vraiment à se faire sentir à partir de juin-juillet. Les pluies sont encore raisonnables : la saison des pluies (tsuyu) débute généralement mi-juin, ce qui laisse tout le mois de mai relativement épargné. On n’a eu presque aucune journée vraiment pluvieuse lors de nos deux séjours. Même si quelques averses passagères sont toujours possibles.
À Okinawa et dans les îles du sud (Miyakojima, Ishigaki), mai est encore plus intéressant. L’eau est à bonne température pour la baignade et le snorkeling (~24-26°C). Les tortues marines et les raies mantas sont actives. Et on évite la chaleur humide de juillet-août ainsi que la saison des typhons qui peut commencer dès juin.



La nature japonaise à son apogée
En mai, les cerisiers sont depuis longtemps déjà fleuris, quoiqu’en montant en altitude, nous avons pu voir quelques cerisiers encore en fleurs. Mais, il n’y a pas que des cerisiers au Japon! Les glycines (fuji) sont en pleine floraison : les cascades violettes et blanches qui tombent des pergolas dans les temples et jardins sont l’un des spectacles les plus beaux que le Japon offre au printemps. Si vous avez l’occasion, le wisteria festival d’Ashikaga (préfecture de Tochigi) est l’un des plus photographiés du monde, et il se tient justement en mai.
Les rizières commencent à être repiquées, les montagnes sont d’un vert éclatant qui contraste avec la neige encore présente sur les sommets les plus hauts. Dans la région de Toyama et les Alpes japonaises, c’est une période magique. En effet, les routes de montagne comme la Tateyama Kurobe Alpine Route sont justement ouvertes en mai avec des murs de neige atteignant parfois 20 mètres de hauteur. Pouvoir observer ses tunnels de neige, où les bus ont l’air tout petits par rapport au mur de neige sur la route, fut une des meilleures expériences que nous avons vécues au Japon!
Moins de monde qu’en mars-avril
La grande vague du tourisme printanier au Japon se concentre sur la floraison des sakura. Elle a lieu entre fin mars et début avril selon les régions. En mai, cette foule est retombée. Les temples de Kyoto retrouvent un rythme plus normal, les files d’attente au Mont Fuji sont moins longues. D’ailleurs, les hôtels sont souvent moins chers. C’est le meilleur moment pour profiter des grandes destinations classiques du Japon sans les photos avec 500 personnes en arrière-plan.
La Golden Week japonaise : le piège à éviter absolument
C’est le point crucial que beaucoup de voyageurs découvrent trop tard. En effet, si mai est idéal pour visiter le Japon, une fenêtre précise est à fuir absolument.
La Golden Week qui est une série de quatre jours fériés nationaux concentrés entre fin avril et début mai :
- 29 avril : Journée Showa
- 3 mai : Journée de la Constitution
- 4 mai : Journée verte
- 5 mai : Journée des enfants
Ces jours fériés créent une période de vacances qui, avec les week-ends, s’étend généralement du 29 avril au 6 mai. C’est l’une des trois grandes périodes de vacances nationales au Japon avec le Nouvel An et Obon (mi-août).
Ce que ça signifie concrètement : les Japonais voyagent massivement. Les trains sont bondés, les hôtels affichent complets des mois à l’avance. Ils peuvent d’ailleurs voir leurs prix augmenter de 30 à 50%. Les sites touristiques sont envahis, et la moindre excursion populaire demande des heures d’attente. Tokyo, Kyoto, Osaka, Hiroshima, Okinawa : tout est saturé.
Conseil : Arrivez au Japon après le 6 mai. Les prix redescendent, les foules se dispersent, et vous profitez de toute la douceur de mai sans aucun des inconvénients. Si vous devez absolument être là pendant la Golden Week, réservez tout : train, hôtel, attractions au 3 mois à l’avance minimum.

La Golden Week chinoise en mai : ne pas l’oublier
C’est l’information que vous ne trouverez pas souvent dans les guides sur le Japon. Pourtant, elle change tout si vous voyagez dans des destinations populaires auprès des touristes asiatiques. Cela compte aussi pour tous les pays de la région.
La Chine a sa propre « Golden Week » autour du 1er mai : la fête du Travail. Elle génère une période de vacances de 5 jours (parfois plus selon les années). Pendant cette période, des millions de touristes chinois voyagent à l’étranger, et le Japon est une des destinations favorites. Le résultat : les sites comme le Mont Fuji, les temples de Kyoto, les marchés de Tokyo ou les parcs de Nara voient leur fréquentation exploser à un moment qui devrait normalement être plus calme.
Les deux Golden Weeks se chevauchent partiellement, ce qui crée une période du 29 avril au environ 6 mai où les flux touristiques sont tout simplement à leur maximum annuel.
Notre expérience en mai par destination
On a visité plusieurs régions du Japon en mai sur nos voyages, et voici donc ce qu’on en retient pour chacune.
Okinawa et les îles Miyakojima et Ishigaki
C’est en mai qu’Okinawa est à son apogée. La mer est chaude (24-26°C), les plages sont quasi désertes en semaine. Et, la météo est idéale : ensoleillée avec quelques nuages mais sans la chaleur étouffante de l’été. Nous y étions mi-mai et franchement c’était parfait : presque personne sur les plages de Miyakojima, eau cristalline à perte de vue, et toute la vie marine au rendez-vous.
Pour le snorkeling avec les tortues à Miyakojima (Aragusuku Beach, Yoshino Beach) ou avec les raies mantas à Ishigaki sur le site du Manta Scramble, mai est vraiment la meilleure fenêtre de l’année. Les mantas sont actives côté baie de Kabira de mai à novembre, et les conditions de visibilité sous-marine sont excellentes. Côté logistique, les agences d’excursions tournent à plein régime mais sans la saturation de juillet-août. Vous trouverez facilement une sortie bateau sans réserver des semaines à l’avance. Si vous faites l’itinéraire complet de l’archipel en 10 jours, mai est tout simplement le timing parfait.
On a même été plutôt étonné qu’il y ait aussi peu de monde. Bien sûr, en ville il y a toujours un peu plus d’animation et de vie, mais dès que nous nous éloignons vers les plages ou les lieux d’intérêt, il n’y a vraiment pas foule, et c’est ça qu’on a aimé !
La région de Toyama, les Alpes japonaises et Gokayama

Ici aussi le mois de mai est probablement le meilleur mois pour visiter cette région, et pas seulement pour la météo. La Tateyama Kurobe Alpine Route vient tout juste d’ouvrir après sa fermeture hivernale (elle est inaccessible de novembre à mi-avril). D’ailleurs, c’est précisément en mai que les célèbres murs de neige atteignent leur hauteur maximale : parfois 15 à 20 mètres de chaque côté de la route. Se retrouver entre ces parois de neige immaculées avec le ciel bleu du printemps au-dessus de la tête, c’est un spectacle qu’on ne retrouve nulle part ailleurs au monde. On espère bien sur que vous aurez la chance d’en faire l’expérience!
Dans la vallée, les villages de Gokayama avec leurs maisons gassho-zukuri sont magnifiques en mai. En effet, la végétation reprend, les montagnes alentour sont d’un vert éclatant, et les touristes ne sont pas encore revenus en masse. On y était début mai après la Golden Week et on avait Ainokura presque pour nous seuls. Le road trip dans la région de Toyama est vraiment magique à cette période.
Fukuoka et l’île de Kyushu
Bien que mise souvent au second plan, Fukuoka est l’une des villes qu’on a les plus aimées lors de notre dernier voyage. En mai, la ville est agréable : température douce, les fameux yatai (stands de nourriture de rue) commencent à s’installer le long de la rivière Naka. L’ambiance est bien plus détendue que Tokyo ou Osaka. C’est une ville à taille humaine, très gastronomique (les ramen de Hakata, le tonkotsu crémeux dont on ne peut plus se passer), et qui sert de base idéale pour explorer toute l’île de Kyushu.
Et Kyushu en mai, c’est vraiment une bonne idée. Les touristes occidentaux connaissent encore relativement peu cette destination par rapport à d’autres. Ce qui en fait l’une des destinations les plus authentiques que le Japon ait à offrir. On a notamment visité les environs de Kumamoto : une région spectaculaire avec des paysages volcaniques qui font penser à la lune par endroits. Le mont Aso, l’un des volcans actifs les plus impressionnants d’Asie. Il offre des panoramas à couper le souffle. Des étendues de prairies vertes qui descendent vers les flancs du volcan, avec des fumerolles qui s’échappent du cratère actif. En mai, la végétation autour de l’Aso est particulièrement belle, en effet, les herbes hautes d’un vert intense et les champs de fleurs créent un contraste avec le gris volcanique. À cela s’ajoutent les nombreux onsen (bains chauds) présents partout dans la région.
Le canyon de Takachiho est une autre surprise de Kyushu. Il s’agit de gorges étroites creusées dans la roche volcanique par la rivière Gokase, avec des cascades qui tombent directement dans l’eau. On peut y descendre en barque pour naviguer entre les parois. On vous en dira plus dans notre article à venir sur Fukuoka et Kyushu. Mais, en attendant, retenez une chose : si vous prévoyez un voyage au Japon en mai et que vous atterrissez à Fukuoka, ne repartez pas tout de suite. En effet, Kyushu mérite au moins 3 à 4 jours.
Tokyo, Kyoto et Osaka
Les grandes villes japonaises en mai sont également magnifiques. Après la Golden Week, Tokyo retrouve son rythme. Les parcs comme Shinjuku Gyoen ou Ueno sont dans leur plein vert printanier, les cerisiers sont certes terminés, mais les glycines, azalées et pivoines prennent le relais. C’est aussi une bonne période pour visiter le Mont Fuji depuis Tokyo : les neiges du sommet sont encore présentes (belle photo), mais les routes d’accès sont ouvertes.

À Kyoto, mai permet de visiter les temples dans leur verdure la plus dense. Mais il y a surtout beaucoup moins de monde qu’en mars-avril. Les ruelles de Gion, les allées de Fushimi Inari le matin tôt : tout est accessible sans faire la queue pendant une heure. À Osaka, la ville est animée mais pas saturée. Dotonbori le soir garde toute son énergie sans être impraticable. On a pu réellement vivre le contraste, car notre première soirée et journée sont tombées sur le dernier jour de la Golden Week et la ville était remplie. Quel fut notre soulagement quand, le lendemain, nous avons découvert une ville beaucoup plus calme. Nous avons surtout compris pourquoi notre hôtel coûtait moins cher pour le deuxième jour!
Ce qu’il ne faut pas manquer uniquement en mai au Japon:
Les glycines (fuji) : c’est le spectacle floral de mai au Japon. Le Ashikaga Flower Park dans la préfecture de Tochigi est le plus célèbre. Mais, vous en trouverez dans de nombreux temples et jardins à travers tout le pays.
Les Koinobori : les carpes volantes accrochées au-dessus des rivières et dans les parcs pour la Journée des enfants (5 mai) sont un spectacle typiquement japonais qu’on ne voit qu’à cette période. Attention, cela correspond tout de même à la Golden Week.
La Tateyama Kurobe : impossible d’y aller en dehors de la période mi-avril/fin novembre, et mai c’est quand les murs de neige sont les plus impressionnants.
L’ouverture des plages d’Okinawa : les plages du sud du Japon ouvrent officiellement leurs services (sauveteurs, équipements nautiques) courant mai. Les conditions sont donc idéales sans la foule estivale.
Conseils pratiques pour planifier un voyage au Japon en mai
Réservez après le 6 mai : On vous conseille d’arriver le 7, 8 ou 9 mai. Les prix redescendent, il y a moins de monde et vous profitez de tout le reste du mois dans d’excellentes conditions.
Anticipez si vous devez voyager pendant la Golden Week : si vos dates tombent inévitablement pendant la période 29 avril – 6 mai, réservez tout au minimum 3 mois à l’avance. Trains, hôtels, entrées pour les attractions populaires.
Prévoyez un léger imperméable : mai est généralement sec mais des averses courtes sont possibles, surtout dans les zones montagneuses. Un imperméable léger et compact suffit.
La carte bancaire sans frais est indispensable : le Japon reste encore très cash dans de nombreux endroits. Munissez-vous d’une carte sans frais de change pour retirer aux distributeurs. On compare les meilleures options dans notre guide.
Conduire au Japon en mai : si vous prévoyez un road trip dans les Alpes japonaises ou à Okinawa, mai est idéal. Les routes sont dégagées (l’hiver est terminé, la chaleur de l’été pas encore là). N’oubliez pas de faire traduire votre permis avant le départ : on vous explique comment ici.

Quand réserver pour un voyage au Japon en mai ?
Vols internationaux : 3 à 6 mois à l’avance pour les meilleurs tarifs. Surtout si vous partez de France en mai qui est une période de départs scolaires.
Hébergements : 2 à 3 mois à l’avance hors Golden Week, 4 à 6 mois si vous êtes sur la période du 29 avril au 6 mai.
Shinkansen : réservez dès que vous arrivez au Japon ou via Japan Rail Pass en ligne. Surtout si vous voyagez pendant ou juste après la Golden Week.
Activités spécifiques (raies mantas à Ishigaki, Tateyama Kurobe, certains ryokans) : réservez dès que vos dates sont fixées.
Conclusion
Mai, c’est le mois où le Japon est à la fois beau, accessible et agréable à vivre au quotidien. La météo est idéale, la nature est magnifique, et une fois la Golden Week passée, vous profitez d’un pays qui a retrouvé son rythme normal. On y est retournés deux fois au même moment, et si on repart au Japon, ce sera probablement encore en mai. Même si je vous l’avoue, on a aussi envie de voir le Japon à l’automne.
Le seul conseil vraiment important à retenir : évitez la fenêtre du 29 avril au 6 mai, ou réservez tout des mois à l’avance si vos dates sont contraintes. Le reste du mois est une des meilleures périodes de l’année pour découvrir ce pays extraordinaire.
F.A.Q.
C’est notre mois préféré après deux voyages, oui. En effet, la météo est douce (18-25°C), la nature est magnifique, et hors Golden Week les foules sont bien plus raisonnables qu’en mars-avril.
La Golden Week est une série de quatre jours fériés nationaux entre le 29 avril et le 5 mai. Elle crée donc une période de vacances massive au Japon. Hôtels complets, trains bondés, sites touristiques saturés et prix en hausse de 30 à 50%. Si vous pouvez l’éviter, arrivez après le 6 mai.
La Chine célèbre également une période de vacances autour du 1er mai (Fête du Travail), pendant laquelle des millions de touristes chinois voyagent au Japon. Cette période chevauche partiellement la Golden Week japonaise. Ce qui crée un pic de fréquentation particulièrement intense entre fin avril et début mai dans les grandes destinations touristiques.
Oui, mai est idéal pour Okinawa. En effet, l’eau est à environ 24-26°C, les plages sont encore calmes comparées à l’été. Aussi, les conditions pour le snorkeling avec les tortues (Miyakojima) et les raies mantas (Ishigaki) sont excellentes.
Les températures en mai varient entre 18 et 25°C dans la plupart des régions. C’est donc idéal pour visiter. Dans le sud (Okinawa) il fait un peu plus chaud (25-28°C). Mais, dans les zones montagneuses (Alpes japonaises, Tateyama), il peut encore faire frais, voire froid en altitude.
Hors Golden Week, 2 à 3 mois suffisent pour trouver de bons hébergements et billets de train. Si vous tombez sur la période du 29 avril au 6 mai, réservez de 4 à 6 mois à l’avance car tout se remplit très vite. Pour les vols depuis l’Europe, 3 à 5 mois à l’avance est une bonne règle générale.
Dans la plupart des grandes villes (Tokyo, Kyoto, Osaka), les cerisiers sont terminés depuis fin mars ou avril. En revanche, dans les régions montagneuses (Nagano, Hokkaido), on peut encore en voir début mai. Mais, de toute façon, mai a ses propres spectacles floraux : les glycines (fuji) sont absolument magnifiques et beaucoup moins connues des touristes.
Arrivez après le 6 mai et évitez les week-ends dans les grandes destinations classiques (Kyoto, Tokyo, Mont Fuji). Privilégiez les visites tôt le matin. Aussi, misez sur des destinations moins connues : nos coups de cœur en mai : l’archipel d’Okinawa, Fukoaka, les villages de Gokayama, et la Tateyama Kurobe Alpine Route.
