Visiter Gokayama : Ainokura et Suganuma, l’alternative authentique à Shirakawa-go (Guide 2026)

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Quand on prépare un voyage au Japon et qu’on commence à chercher les villages aux maisons gassho-zukuri, le nom qui revient partout, c’est Shirakawa-go. Les photos sont magnifiques, le classement UNESCO donne envie, et c’est vrai que l’endroit est exceptionnel. Sauf qu’en creusant un peu, on tombe sur un autre nom : Gokayama. Plusieurs villages sont aussi classés par l’UNESCO, même architecture aux toits de chaume qui ressemblent à des mains jointes en prière, mais sans les cars de touristes, sans les boutiques souvenirs en enfilade, et surtout avec des habitants qui vivent encore vraiment là. C’est pour cela que nous avons choisi de visiter Gokayama.

On a délibérément choisi de ne pas aller à Shirakawa-go lors de notre road trip dans la région de Toyama, et franchement, on ne le regrette pas une seconde. On a visité les deux villages de Gokayama, Ainokura et Suganuma, et c’est l’une des plus belles expériences authentiques de nos voyages au Japon. Dans ce guide, on vous explique pourquoi, et surtout comment organiser votre visite.

Où se situe Gokayama ?

Gokayama est une région montagneuse de la préfecture de Toyama, au nord ouest de l’île principale d’Honshu (là où sont également Tokyo, Osaka ou encore Kyoto). Elle est nichée dans une vallée reculée le long de la rivière Shogawa. Son nom signifie littéralement « la montagne aux cinq parties », un indice sur le relief accidenté qui a longtemps isolé ces villages du reste du monde. C’est d’ailleurs cet isolement qui a permis de conserver intactes les maisons gassho-zukuri, ces fermes aux toits de chaume extrêmement pentus (jusqu’à 60 degrés) conçus pour résister à des accumulations de neige pouvant atteindre plusieurs mètres en hiver. En effet, cette région peut être très enneigée l’hiver.

La région de Gokayama abrite plusieurs villages traditionnels dont deux villages classés au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1995 : Ainokura et Suganuma. Ces deux villages partagent ce classement avec le village d’Ogimachi à Shirakawa-go, situé à une trentaine de kilomètres plus au sud dans la préfecture de Gifu. Trois villages, une même architecture, mais des ambiances radicalement différentes.

Shogawa Japon

Gokayama ou Shirakawa-go : pourquoi on a choisi Gokayama

Lorsque nous étions en train de planifier notre voyage, nous avons, comme beaucoup d’entre vous, d’abord souhaité aller à Shirakawa-go. Mais en approfondissant nos recherches, on a compris qu’on souhaite quelque chose de plus authentique. Nous avons donc tenté de vous comparer les différentes possibilités :

Shirakawa-go (Ogimachi) est le plus grand des trois villages classés par l’UNESCO : 59 maisons gassho-zukuri, un belvédère iconique, des minshuku pour dormir dans les fermes… et plus d’un million de visiteurs par an. Des témoignages de voyageurs que nous avons lus avant de partir décrivent des cars qui se succèdent, des groupes organisés qui envahissent les ruelles, et une atmosphère de parc à thèmes qui nuit à l’authenticité du lieu. Ce n’est pas forcément faux dans certaines périodes, notamment l’été et les fameux week-ends d’illuminations hivernales, où les places en minshuku se réservent des mois à l’avance.

Gokayama, avec les villages d’Ainokura et de Suganuma, c’est l’opposé. Moins accessible, moins connu, beaucoup moins fréquenté. Kanpai, l’un des sites de référence sur le Japon en français, décrit Ainokura comme un endroit « comparé à Shirakawa-go, devenu un espace muséal pour touristes, Gokayama permet de rencontrer les locaux ». C’est exactement ce qu’on a ressenti sur place. En effet, ces villages sont toujours habités et cela leur donne énormément de charme et d’authenticité.

Notre avis : Si vous cherchez la photo parfaite d’un village enneigé pour Instagram, Shirakawa-go est peut-être le bon choix. Si vous cherchez à vraiment ressentir ce que c’est de flâner dans un village traditionnel japonais encore vivant, les villages de Gokayama sont imbattables.

Ainokura, le village au cœur de Gokayama

Ainokura est le plus grand village de la région avec ses 23 maisons gassho-zukuri, dont certaines ont plus de 400 ans. Perché à environ 400 mètres d’altitude dans une petite vallée encaissée, il s’y dégage une sérénité absolue dès l’arrivée.

Le belvédère

La première chose à faire en arrivant au parking, c’est de monter au belvédère (Ainokura Observatory), à environ 5 minutes de marche en montée depuis l’entrée principale. La vue sur l’ensemble du village avec les toits de chaume avec en fond les montagnes et les forêts est saisissante, c’est exactement l’image qu’on avait en tête avant de venir. Allez-y en premier surtout si vous y êtes le matin, car la lumière est magnifique, et c’est là que vous ferez vos meilleures photos.

Se balader dans les ruelles

Ce qui rend Ainokura unique, c’est que le village est encore habité. Environ 60 personnes vivent dans ces maisons centenaires, et on le ressent vraiment en se promenant : des potagers soignés, des fleurs aux fenêtres, des stèles de pierre sur les chemins, un artisan de papier washi qui tient une boutique dans sa propre ferme. Ici on n’a pas la sensation d’un musée à ciel ouvert ou d’un parc à thème, mais d’un village vivant. On aurait adoré échanger avec les locaux, mais malheureusement nous n’y sommes pas parvenus à cause de la barrière de la langue.

L’atelier de papier washi

L’une des particularités d’Ainokura, c’est sa tradition de fabrication du papier washi, un artisanat ancestral de la région inscrit lui aussi au patrimoine immatériel de l’UNESCO. Plusieurs maisons proposent des ateliers où vous pouvez fabriquer votre propre feuille de papier. Pour les amateurs d’artisanat traditionnel, c’est une expérience qu’on recommande, bien qu’on n’ait pas eu le temps de faire l’expérience nous-mêmes.

Dormir à Ainokura: l’expérience ultime

Si votre planning le permet, passer une nuit dans l’un des six minshuku d’Ainokura est une expérience à part entière. Les chambres sont en tatami, les repas sont préparés par vos hôtes avec des produits locaux (poissons de la rivière, légumes de montagne, tofu de Gokayama), et le matin vous vous réveillez dans un village dont vous êtes presque les seuls visiteurs. On vous conseille de réserver plusieurs semaines à l’avance, surtout en hiver et en automne. Vous savez qu’on aime voyager avec un petit budget, nous avons donc passé notre tour, car ce n’est pas la solution la plus économique!

Suganuma et le Gokayama Gassho no Sato

Situé à environ 10 kilomètres au sud d’Ainokura, Suganuma est le plus petit des trois villages UNESCO avec seulement une dizaine de maisons gassho-zukuri. C’est un lieu plus intime encore qu’Ainokura, presque confidentiel, entouré sur trois côtés par la rivière Shogawa. Ici, il y a encore moins de touristes.

Le village historique

Depuis le parking en hauteur, on peut descendre à pied au village ou prendre l’ascenseur intégré dans la falaise. Une fois en bas, on se retrouve dans une petite vallée très calme où les quelques fermes sont espacées le long de la rivière. On peut y visiter deux petits musées : le Gokayama Minzoku-kan (musée folklorique avec des expositions sur la vie locale et l’artisanat) et l’Ensho no Yakata (musée sur la production de salpêtre : Gokayama était l’un des rares endroits au Japon à produire secrètement de la poudre à canon pour le clan Uesugi pendant la période Edo, une histoire à découvrir).

Le tunnel vers le village de Gokayama Gassho no Sato

C’est la petite surprise du site : un tunnel piétonnier relie le village historique de Suganuma à une deuxième zone appelée Gokayama Gassho no Sato. Il est situé à quelques minutes de marche. Cette zone abrite des fermes traditionnelles qui ont été relocalisées depuis d’autres parties de la région pour les préserver de la destruction. Aujourd’hui elles ne sont plus habitées. Mais, elles servent de dortoirs pour des groupes scolaires qui viennent vivre quelques jours à la mode traditionnelle. L’accès extérieur reste libre, et on peut observer les maisons de l’extérieur dans ce cadre un peu différent, plus insolite, De notre côté, on a aimé la traversée dans le tunnel qui nous a apporté un peu de fraîcheur! Si vous n’avez pas le temps, vous n’êtes pas obligé d’y aller, car c’est un peu moins authentique.

Comment se rendre à Ainokura et Suganuma?

Personnellement, on vous conseille de faire comme nous et de louer une voiture depuis Toyama par exemple. C’est de loin la façon la plus flexible de visiter Gokayama. Depuis Toyama, comptez environ 1h30. Si vous partez depuis Takayama, environ 1h. Depuis Kanazawa, environ 1h15. La route est sinueuse et montagnarde, c’est d’ailleurs l’un des paysages les plus beaux du trajet. Ainokura et Suganuma ont tous les deux des parkings (payants, quelques centaines de yens). On vous explique ici comment conduire au Japon avec votre permis.

Si vous n’avez pas la possibilité, vous pouvez prendre le bus. Mais c’est une option à bien planifier. Le bus Kaetsuno est la ligne qui relie les trois villages UNESCO (Ogimachi à Shirakawa-go, Suganuma et Ainokura). Il ne fait que 4 trajets par jour donc, si vous le ratez, vous êtes bloqués. Depuis Shirakawa-go (Ogimachi), comptez environ 30 minutes jusqu’à Suganuma et 45 minutes jusqu’à Ainokura, pour environ 1 300 yens (~7€). Depuis Takaoka (préfecture de Toyama), environ 1h30 en bus direct.

Quand visiter Gokayama et ses villages aux maisons gassho-zukuri?

Gokayama est magnifique toute l’année, mais deux périodes se distinguent :

L’hiver (janvier-mars) : c’est la saison la plus spectaculaire. Les toits de chaume disparaissent sous des mètres de neige et les villages prennent une apparence de conte de fées. Suganuma organise par exemple des illuminations nocturnes certains vendredis et samedis de mars. Ainokura a ses propres événements similaires en janvier-février. L’ambiance est magnifique mais il faut être bien équipé et les routes peuvent être difficiles.

L’automne (octobre-novembre) : les montagnes environnantes se parent de rouge et d’orange. Les toits de chaume sur un fond de feuillages automnaux sont vraiment photogéniques.

Le printemps et l’été sont aussi très agréables (cerisiers en avril, rizières vertes en été) mais l’affluence est plus importante. Nous étions début avril, et franchement il y avait peu de touristes.

Suganuma village japon

Conseils pratiques

Durée de visite : comptez une demi-journée pour les deux villages combinés. Environ 1h30 à 2h pour Ainokura, 30 à 45 min pour Suganuma. Si vous faites l’atelier washi ou si vous dormez sur place, prévoyez plus.

Respectez les règles : les villages sont habités. Il est interdit de fumer en dehors des zones prévues (risque d’incendie sur les toits de chaume). De s’aventurer dans les propriétés privées. Mais également de laisser des déchets, comme souvent au Japon, les poubelles publiques sont quasi inexistantes. C’est du bon sens, mais il vaut mieux le savoir avant.

Horaires : les sites sont accessibles de 9h à 17h (jusqu’à 16h de décembre à mars).

Budget : l’accès aux villages est libre, les musées coûtent quelques centaines de yens chacun. Comptez 500 yens environ par musée. Les parkings sont payants aussi.

Combinaison avec Toyama : si vous passez par Toyama, Gokayama se combine parfaitement avec un road trip dans la région ou avec le circuit Tateyama Kurobe. Retrouvez notre road trip complet dans la région pour tous les détails.

Conclusion

Gokayama, c’est l’un de ces endroits les plus authentiques du Japon, et qui mérite bien plus d’attention que ce qu’il reçoit de la part des voyageurs européens. Ainokura et Suganuma offrent une expérience que Shirakawa-go ne peut plus tout à fait donner : des villages traditionnels encore vivants, sans la foule, sans l’atmosphère de parc d’attractions, juste la beauté tranquille d’une architecture centenaire dans un cadre montagnard exceptionnel.

Si vous passez par la région de Takayama ou de Toyama, ne faites pas l’impasse sur Gokayama sous prétexte que Shirakawa-go est plus connu. Pour nous, ce fut une des plus belles expériences de notre voyage au Japon.


F.A.Q.

Quelle est la différence entre Gokayama et Shirakawa-go ?

Les deux régions partagent la même classification UNESCO et la même architecture gassho-zukuri. Cependant, elles sont dans des préfectures différentes (Toyama pour Gokayama, Gifu pour Shirakawa-go). Shirakawa-go est plus grand, plus accessible et beaucoup plus touristique. Gokayama (Ainokura et Suganuma) est plus reculé, plus authentique, et beaucoup moins fréquenté.

Vaut-il mieux visiter Gokayama ou Shirakawa-go ?

Si vous voulez l’image iconique des maisons sous la neige avec une infrastructure touristique développée, Shirakawa-go est plus simple. Si vous préférez une expérience plus intime dans des villages encore habités, Gokayama est le meilleur choix. Et si vous avez le temps, vous pouvez visiter les deux.

Peut-on visiter Gokayama sans voiture ?

Oui, via le bus, mais c’est contraignant : seulement 4 trajets par jour, des horaires limités en hiver. La voiture reste la solution la plus flexible pour profiter des deux villages et de la route panoramique.

Combien de temps faut-il pour visiter Gokayama ?

Une demi-journée est suffisante pour les deux villages (Ainokura + Suganuma). Prévoyez 1h30 à 2h pour Ainokura et 30 à 45 minutes pour Suganuma. Si vous ajoutez un atelier washi ou un musée, comptez une journée complète.

Peut-on dormir à Gokayama ?

Oui, Ainokura dispose de six minshuku, des auberges familiales installées dans de vraies maisons gassho-zukuri. C’est une expérience très recommandée pour profiter du village après le départ des touristes de la journée. À réserver à l’avance, surtout en haute saison.

Quelle est la meilleure période pour visiter Gokayama ?

L’hiver (janvier-mars) pour les paysages enneigés spectaculaires et les illuminations nocturnes, l’automne (octobre-novembre) pour les couleurs des feuillages. Le printemps et l’été sont aussi agréables mais plus fréquentés.